Île-de-France Paris ULM

Interview de notre partenaire ULM à Paris : Serge Bouchet

Serge Bouchet ULM

Suite à ma visite chez ULM Paris où j’ai pu faire un baptême de l’air en ULM (que vous pouvez retrouver ici), j’ai aussi pu m’entretenir avec Serge Bouchet, propriétaire du club et expert en ULM depuis de nombreuses années. Vous pouvez donc retrouver l’intégralité de mon entretien qui, je l’espère, vous donnera aussi envie de vous envoler en ULM !

Bonjour Serge. Commençons avec votre expérience de l’ULM ? Depuis quand est-ce que vous en faites ?

Je vole depuis 25 ans ! Je commence à avoir pas mal d’heures de vol. J’ai commencé dans le sud, à Tarascon où j’y ai passé mon brevet de pilote Multiaxes. Par la suite, je suis allé à Nîmes à l’aérodrome de Nîmes-Courbessac pour passer le brevet de pilote d’ULM Pendulaire. C’est aussi là-bas que je suis devenu instructeur d’ULM Pendulaire. Ensuite j’ai fait une saison de remorquage banderole en ULM à Perpignan, puis je suis allé à Salon-de-Provence, toujours dans le sud, pour passer mon brevet d’instructeur Multiaxes. Après cela, je me suis installé à La Cavalerie où est l’aérodrome Millau-Larzac. J’y ai dispensé des cours de Pendulaire et de Multiaxes pendant quelques années. Enfin, je suis arrivé ici à Esbly en 2001 où j’ai repris le Veliplane Club qui date de 1979. J’ai passé ici ma qualification de pilote et instructeur Autogire.

Grâce à ces expériences, nous sommes aujourd’hui qualifiés pour faire passer les brevets sur 3 classes : Pendulaire, Multiaxes et Autogire.
En plus de cela, j’ai fait de la compétition avec ma femme Geneviève. Je suis sorti champion de France Pendulaire plusieurs fois, Champion d’Europe en Autogire et champion du monde par équipe en Autogire.

Donc nous avons toutes les qualifications pour renouveler les instructeurs, leur faire passer leur qualification d’instructeur, et aussi nous avons 6-7 machines d’école en permanence. Il y a plusieurs instructeurs qui mènent les formations, les baptêmes de l’air et les vols d’initiation.

Avec toutes ces classes d’ULM, on s’y perd un peu, pouvez-vous me présenter plus en détail les ULM ?

Il y a plusieurs classes d’ULM.
En premier il y a le Pendulaire qui est une aile delta avec un chariot motorisé en dessous. Dans le Pendulaire, on est à l’air libre.
Le Multiaxes lui, ressemble à un petit avion. Sa la masse maximale totale est de 472,5 kg avec deux passagers.
Il y a une troisième catégorie, c’est l’Autogire, avec un rotor au-dessus, qui est une voilure tournante. Il a des similitudes avec un hélicoptère bien que ce ne soit pas la même « physique » de vol.

Est ce qu’il y a de grandes différences entre ces différents types de machine ?

Oui, ce n’est pas du tout le même pilotage entre chaque classe. Avec l’ULM Pendulaire, le pilotage est fait grâce au déplacement du centre de gravité avec une barre de contrôle. Tandis que le Multiaxes marche comme un avion avec un manche à balai.

Et vont-ils tous à la même vitesse et à la même altitude ?

Concernant l’altitude, oui c’est la même pour chaque classe. La vitesse en revanche peut beaucoup varier entre les différentes types de machine mais ce n’est pas forcément lié à la classe. Il y a des ULM Pendulaires qui vont plus vite que des ULM Multiaxes et vice-versa, il y a des Multiaxes qui vont plus vite que des pendulaires. Cela dépend vraiment de la machine car il y a beaucoup de variantes sur un même type de machine.

Par exemple, il y a des Multiaxes qui vont à 80 km/h et d’autres qui vont à 260 km/h. Pour les Pendulaires c’est pareil, il y en a qui vont à 80 km/h et d’autres à 180 km/h.
Pour revenir sur l’altitude, on peut monter jusqu’à 4000 mètres. C’est très haut mais on ne n’atteint presque jamais cette altitude. Seulement quand on passe les Alpes par exemple. Au-delà, cela devient plus dur de respirer, même si, comme on ne monte jamais d’un coup, on a le temps de s’habituer. La descente est un peu plus difficile que la montée car cela va plus vite et il ne faut pas descendre trop vite car les variations de pression peuvent être douloureuses voire dangereuses pour l’organisme.

Est-ce que vous êtes ouverts toute l’année ici ? Est-ce qu’il y a des contraintes de vol liées à la météo ?

Oui, on est ouvert tout l’année et tous les jours ! Mais, quand la météo n’est pas propice, on s’abstient de voler. Quand il y a de la brume en particulier, on ne peut pas voler car on n’a pas assez de visibilité. Et quand il pleut, on ne va pas voler non plus car ce n’est pas agréable. Pour la neige, c’est un peu pareil. Cela dépend de l’intensité des précipitations. S’il fait -10 °C, on va sortir avec les machines fermées, comme les Multiaxes qui ont le chauffage. Avec des ULM Pendulaire ou Autogire, les clients qui sont mal équipés vont avoir beaucoup de mal à supporter le froid. En général, en dessous de 0 °C, on commence à limiter les vols.

Le club ici est très grand…

Oui, nous avons une trentaine d’appareils et il y a une centaine de personnes qui gravitent autour du club, que ce soit des pilotes, des élèves, des co-propriétaires car certains sont en co-propriété

Pour faire de l’ULM, faut-il des prérequis ?

Non pas du tout, tout le monde peut faire des vols, surtout quand il s’agit de vols d’initiation ou de baptêmes de l’air. À partir de 7 ans et jusqu’à 177 ans… (rires)

Vol d'un ULM Autogire
Un ULM Autogire en vol

Et ceux qui veulent apprendre à piloter, doivent-ils s’y connaître un minimum ?

Les gens qui veulent apprendre à piloter n’ont pas forcément besoin de connaître quoi que ce soit pour s’inscrire. C’est le but de la formation que de leur donner toutes les bases nécéssaires ! C’est le but. On ne donnera pas un brevet de pilote à quelqu’un qui n’est pas complètement opérationnel. C’est comme le permis de conduire !

Quelqu’un qui voudrait passer un brevet de pilote d’ULM, combien de temps cela lui prendrait-il ?

C’est une bonne question. Il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu. Cela dépend tout d’abord des capacités d’apprentissage de l’élève et de sa motivation ! Ensuite, la fréquence à laquelle sont pris les cours a une grosse influence sur la rapidité d’assimilation. Si l’élève vient une fois tous les mois, il aura besoin de plus d’heures de cours que celui qui vient une fois toutes les semaines. Cela va aussi dépendre beaucoup de son âge. Les jeunes apprennent en général beaucoup plus vite.
En moyenne, l’apprentissage du brevet requiert autour de 20 heures de vol. S’ajoute à cela les heures de théorie.

Y a t’il un profil type de vos clients en baptême ?

Pas vraiment, non. Des femmes, des hommes, des jeunes, des gens plus âgés, nous accueillons tout type de public. On a aussi des comités d’entreprises qui viennent nous voir. Il nous est arrivé de faire 60 baptêmes de personnes d’une même entreprise en une journée !

Est-ce qu’il y a une occasion spécifique pour offrir un baptême de l’air en ULM en cadeau ?

Toutes les occasions sont bonnes ! et 99,99% des gens sont heureux une fois qu’ils ont fini le vol car c’est vraiment un moment spécial. Donc c’est l’idéal pour un anniversaire ou un enterrement de vie de garçon ou de jeune fille, Noël, Départ à la retraite, etc…

Vol d'un ULM Pendulaire
Un ULM Pendulaire en plein vol

Est-ce qu’il arrive que des gens se sentent mal ou bien aient le vertige ?

L’ULM ne déclenche pas de vertige. Le vertige est un phénomène qui va apparaitre quand on a les pieds sur terre ou et que l’’on a un horizon tronqué parce qu’on se retrouverait sur une montagne au bord d’un précipice par exemple. Et là, le cerveau ne sait plus communiquer les informations aux pieds pour tenir l’équilibre parce que ce qu’il voit est tronqué.
Quand on est dans un ULM, on n’est pas relié à la terre et on est assis donc on n’a pas besoin de gérer son l’équilibre. Certaines personnes ont un peu d’appréhension et toutes auront un petit shoot d’adrénaline mais c’est ce qui fait aussi l’intérêt de l’expérience !

Il arrive que les vols soient un peu agités et mettent certaines personnes mal à l’aise, surtout quand il y a des turbulences. C’est pourquoi dans ces cas-là, on préfère ne pas emmener les gens dans les airs et éviter ainsi de leur faire vivre une expérience pas sympathique du tout.

Comment ça se passe s’il y a une panne de moteur dans les airs ?

S’il y a une panne moteur, si le moteur s’arrête, ce n’est pas grave en soi car les ULM sont des machines qui atterrissent à une vitesse relativement lente. La vitesse d’atterrissage varie entre 45 et 70 km/h. Ce n’est pas très difficile de poser une machine sur un champ à la campagne. On apprend ça aux élèves bien sûr, parce que cela peut arriver et ce n’est pas un drame.
S’il y a une panne, la problématique c’est surtout de trouver un champ pour se poser proprement. Cela reste très rare car les moteurs d’ULM sont de plus en plus fiables. Toutes nos machines sont entretenues autant qu’il le faut pour éviter ça.

Quel type de formules proposez-vous ?

Nous avons une première formule à 20 minutes de vol pour un baptême de l’air, mais le client peut choisir de voler plus longtemps s’il le veut !
Le vrai choix se situe cependant entre une formule baptême avec laquelle le client est seulement passager et profite du vol pour découvrir le paysage et une formule initiation qui permet au client de toucher aux commandes et de s’initier au pilotage d’ULM avec un instructeur. Dans ce cas, on profite un peu moins du paysage mais on pilote la machine. Après une première expérience réussie, nos clients peuvent embrayer sur un brevet de pilote s’ils le souhaitent

Merci Serge et merci à l’équipe d’ULM Paris pour le temps accordé et le vol en ULM !

J’espère que cette interview et mon reportage chez ULM Paris vous auront donné envie d’aller faire un baptême de l’air en ULM. Vous pourrez retrouver toutes nos offres d’ULM près de Paris et dans le reste de la France sur Cap Adrénaline.

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